MY STORY

The praise of slowness


J’étais prédestinée à être une « lente » dans la vie. Ma mère peut vous en parler, elle a mis 8h à m’expulser !

Dans l’enfance, j’étais cette enfant qui continuellement se perdait : dans les marchés, les grandes surfaces, les musées… Car j’aimais et j’aime toujours prendre le temps de tout regarder. Continuellement, mon père me répétait : « je ne sais pas à qui tu ressembles pour être aussi lente ! ». J’haussais les épaules. Etudiante, j’étais celle qui se couchait tard la vieille de rendre un devoir qu’elle avait pourtant à faire depuis quinze jours. Ou bien celle qui partait de chez elle le plus tard possible pour arriver pile à l’heure, quand la sonnette retentissait.

J’ai toujours eu cette nonchalance dans la vie.

Ainsi mon premier stage, qui mena ensuite à mon premier poste dans un grand Groupe français, fut trouvé 3 semaines avant la date du début. J’étais sous la douche, me questionnant sur les entreprises qui pourraient me séduire, lorsque soudainement je lus l’adresse du shampoing et me dis pourquoi pas celle-là ? Je fus prise du premier coup, avec confirmation le soir même !

Lorsque je vivais à Paris, je me sentais prise au piège : courir après le métro qui arrivait, courir pendant la journée dans mon boulot (débordements de téléphone, emails, réunions…), déjeuner sur le pouce un sandwitch au bureau… Après dix ans de bons et loyaux services, je me suis dit qu’il me fallait un congé sabbatique. Il me fallait me redécouvrir !

Venir au Portugal n’était pas une totale surprise comme je l’ai déjà raconté. J’avais compris qu’on vivait avec moins mais mieux. Après des années de superficialité, à vivre dans un placard qui me coûtait la moitié de mon salaire, à claquer de l’argent pour des marques qui servaient de faire valoir (je possède donc je suis !!), à sortir dans des endroits où l’on doit montrer patte blanche si l’on ne veut pas avoir la honte « de se faire jeter », et où l’on claque facilement 200€ (en comptant le repas puis les verres ou la bouteille !!), je me sentais usée et désabusée par cette société où chaque fois plus on est exploité professionnellement, socialement, moralement…

Lisbonne, c’est une capitale village. Pour quelqu’un comme moi, venant d’une ville comme Paris, je le constate chaque jour : transports rarement bondés, taxis toujours disponibles, pas de physionomistes dans les endroits branchés (la bonne blague ce nom !), rythme de marche dans la rue à peine soutenu, cafés pleins au petit-déjeuner…

Il y a tellement d’exemples ! Soudainement, c’était un peu le Club Med : sea, sex and sun ! Je ne vais pas dire qu’à certains moments toute cette lenteur ne m’a pas énervée mais ce qui me surprend c’est qu’aujourd’hui, elle fait partie intégrante de ma vie !

C’est vrai, maintenant je marche et je ne cours plus. Je ne consomme plus que pour le plaisir et cela se passe généralement aux terrasses des cafés aux abords des plages ou dans les restaurants de poissons…

Ensuite, le travail n’est plus ma priorité et ça aussi c’est bon de se le dire et de le mettre en action. De ce temps libre, j’ai gagné des amis et l’amour. Et j’ai retrouvé ma vraie philosophie de vie : l’éloge de la lenteur.

*****



Slowness




I was predestined to be a “slow” person in life. My mother can speak about it, it took her 8h to expulse me!

In childhood, I was that child who continually got lost: in markets, supermarkets, museums… Because I liked and I always like to take the time to look at everything.
Continually, my father kept saying: “I do not know who you look like to be as slow! “. I shrugged.
Student, I was the one who slept late because I had to finish a homework I had to do for fifteen days. Or the one who was leaving her home as late as possible to arrive right on time, when the doorbell rang.
I’ve always had that nonchalance in life.
So my first internship, which then led to my first job in an important Luxury French Group, was found three weeks before the starting date. I was in the shower, questioning me about the companies that could seduce me, when suddenly I read the address of my shampoo and told myself why not this one? I was taken after the first interview, with confirmation that evening!
When I lived in Paris, I felt caught me in a trap, running after the metro, stressing during the day in my job (phone overflows, emails, meetings …), lunching quickly a sandwich in the office…
After ten years of loyal service, I thought I needed a sabbatical year. I needed to rediscover myself!
Come to Portugal was not a complete surprise as I already said. I understood that here they lived with less but in a better way. After years of superficiality, living in a “closet” that cost me half my salary, blowing some cash for luxury brands (I have so I am !!), going out to places where you must have the look and credentials if not wanting the shame of “being thrown” out and where it is easy to slap €200… I felt worn out and disillusioned by the society I was living in. I felt used professionally, socially, and morally.

Lisbon is a capital village. For someone like me, coming from a city like Paris, I see it every day: rarely crowded transports, taxis always available, no spotters in the trendy places, people walking actually slowly, cafes full at breakfast…
There are so many examples! Suddenly, it was a little Club Med: sea, sex and sun! I will not say that at times all this slowness does not upset me, but what surprises me is that today it is part of my life!
That’s right, now I walk and I do not run. I only consume when it makes senses and I eat for pleasure and this usually happens in the cafes near the beaches or in the fish restaurants…
Then, the work is not my priority and that too is good to say. This free time I gained leaves me time for friends and love. And I have found my true philosophy of life: the praise of slowness.

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