MY STORY

My father, My hero


Ce fut une grande pause dans ce blog. Malheureusement nécessaire.

En Janvier, mon père a découvert qu’il avait un cancer de l’estomac. En mai, il est décédé. Je n’ai rien vu venir. Je ne l’ai pas cru jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour comprendre. Et maintenant, tous les jours, je tente d’accepter ce qui semble être un cauchemar.

Aujourd’hui, je voulais présenter son histoire simplement en quelques lignes.

Mon père est né dans un petit village du Portugal près de Batalha. Issu d’une famille de 8 enfants, ses parents qui étaient agriculteurs et vignerons, ne roulaient pas sur l’or. À ses 14 ans, son père se suicide en raison des dettes et d’une dépression. C’est lui qui le trouve dans les étables. Etant le troisième et plus jeune garçon, il commence à travailler pour aider la famille.



papa



A 20 ans, il rencontre ma mère dans une salle de bal d’un village. Elle n’était pas si intéressée que ça par lui mais, elle a été surprise par la ténacité du jeune homme. Alors, quand il est parti pour la guerre coloniale, âgé de 21 ans, elle a accepté d’échanger des lettres avec lui pour lui remonter le moral.
Quitter la vie paisible d’un village pour une guerre coloniale que vous ne comprenez pas, pire encore en Guinée-Bissau -surnommé le Vietnam Portugais- a été un véritable traumatisme pour lui. Il est revenu trois ans plus tard, a épousé ma mère et a émigré en France. Il n’a jamais parlé de ces années. Il les a mises dans une petite boîte dans un coin de sa tête pour survivre comme il l’a fait lorsque son père est mort.



papa



L’expatriation est un choix, l’émigration est un instinct de survie. J’ai toujours considéré mes parents très courageux parce que si vous pensez à ce que cela signifie de quitter tout ce que vous connaissez : votre pays, votre famille, vos amis, votre langue… Et recommencer à zéro, sans rien sauf vos entrailles, rien que la la foi que cette nouvelle vie est votre seule chance d’avoir un meilleur futur basé sur l’espoir.

Les débuts ne furent pas faciles, ils furent même humbles. Ma sœur et moi sommes nées en France et avons eu accès à une très bonne éducation et avons toujours chéris ce pays qui nous a forgé. Malgré cela, chaque été nous revenions au Portugal (famille, racines et apprentissage de la langue étaient des valeurs très importantes pour mes parents). Et nous avons adoré chaque été.

Mon père a vécu toute sa vie professionnelle en France et a décidé de prendre sa retraite au Portugal parce que pour lui, il était important que le pays d’où il venait soit le pays où il serait enterré. Donc, avec son obstination et le souhait de réaliser son rêve ultime, il l’a fait. Malheureusement, il n’a seulement eu la chance de revivre dans son village que pendant 5 ans, mais au moins il l’a fait. Il a eu la joie de semer et récolter à nouveau la terre, d’aider les plus démunis, d’instaurer la pétanque et bien sûr, de jouer -beaucoup- aux cartes.



Origines - Roots



Quand il a su pour sa maladie, encore une fois, il a choisi de mettre cette nouvelle dans une petite boîte dans le coin de sa tête et de l’ignorer. Alors, quand le moment “de se battre” est venu, il a laissé son corps s’endormir parce qu’il était fatigué de trop de batailles. 

Il me manque tous les jours. Mais, je porte en moi son sens des valeurs avec fierté. Il n’a jamais voulu que je sois une rêveuse mais une survivante parce que pour lui, la vie était une question de survie et d’amour.


It’s been a big break in this blog. Sadly, It had to be.

In January, my dad discovered he had a stomach cancer. In May, he passed away. I never saw it coming. I didn’t believed it until it was too late to understand. And now, everyday I try to accept what seems to be a nightmare.

Today, I wanted to introduce him just by a few lines about his story.

My dad was born in a small village of Portugal close to Batalha. Coming from a family of 8 kids and parents who were farmer and winegrower, money was always missing. When he was 14, due to debts and depression, his father committed suicide. He found him in the stables. Being the third and younger boy, he started to work to help the family.

At 20, he met my mother at a village ballroom. She was not that much into him at first but was surprised by the tenacity of the young man. So when he left for the colonial war, aged 21, she agreed to exchange letters with him to cheer him up. Leaving the peaceful life of a village for a war you don’t even understand and even worse in Guinea-Bissau named Portuguese’s Vietnam was a real trauma. He came back three years later, married my mother and emigrated in France. He never spoke about these years. He put them in a box to survive like he did when his father died.

Expatriation is a choice, emigration is an instinct for survival.

I always considered my parents very brave and courageous because if you think of what it means to leave all that you know: your country, your family, your friends, your language… And start from the scratch with nothing but your guts, nothing but the faith that this new life is your only chance to make a good living!

The beginnings were not easy but they did it and got a good life. My sister and I were born in France and lucky to have the life they gave us and the values this country shared with us. Still, every summer we were coming back to Portugal (family, roots and learning the language were principals very important for my parents). And we loved it every summer.



Papa



He lived all his working life in France and decided to get retired in Portugal because for him, it was important that the land where you come from will be the land where you will be buried. So with his obstinacy and the desire to realize his ultimate dream, he did it. Unfortunately, he only had the chance to live in his village for 5 years, but at least he did it. He had the joy of sowing and reaping the land again, to help others to do it, to instaure “pétanque” and of course, to play -very often- cards.

When he discovered his illness, again, he choose to put it in a little box and forget about it. So when the moment “to fight” came, he just let his body fell asleep because he was tired of too many battles.

I miss every day. I carry the sense of values he taught me. He never wanted me to be a dreamer but a survivor because for him, life was about survival and love.

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